L’Accord de Paris, ses enjeux et sa trajectoire résumés en trois points

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L’Accord de Paris, ses enjeux et sa trajectoire résumés en trois points ©UNCC Learn

L’Accord de Paris. Quelle est cette expression dont on ne se passe plus depuis 2015 dans les discussions sur le climat à la télé, à l’école et davantage au sein des organisations de défenses de l’environnement ? Réponse dans cet article qui retrace les enjeux et la trajectoire d’un traité historique pour la transition écologique à l’échelle mondiale.

C’est l’un des textes devenus incontournables au fil des dix dernières années. On ne parle plus de climat sans sa moindre évocation. Son adoption le 12 décembre 2015 a défrayé la chronique, la lenteur de son application d’un continent à l’autre attise les tensions lors des rendez-vous de la diplomatie verte et pourtant ses résultats sont présentés par les experts comme la clé pour stopper le réchauffement de la planète d’ici à 2050. Il s’agit de l’Accord de Paris.

Ce document signé par 196 pays, notamment l’Argentine, le Bénin, Israël, l’État de Palestine, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, l’Irlande et le Rwanda, est officiellement entré en vigueur le 4 novembre 2016, soit un an après la 21e Conférence des parties sur le climat (COP21) présidée par la France. Après avoir connu ses pires sècheresses, l’Érythrée qui s’était abstenue de tout engagement jusque-là est devenue l’une des dernières nations à ratifier l’Accord de Paris en février 2023.

Des enjeux de décarbonation aux allures économiques et géopolitiques

En effet, ces 28 pages contiennent des exigences et des recommandations claires pour tous les continents afin de « contenir la hausse des températures en-dessous de 2 degrés Celsius des niveaux préindustriels tout en poursuivant les efforts pour la maintenir à 1,5 degré Celsius ». Pour y arriver, les parties signataires s’engagent à établir et communiquer tous les cinq ans les fameuses contributions nationales déterminées (CDN). Il s’agit d’un plan d’action climatique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Ce qui implique de prendre des mesures concrètes telles que la décarbonation de plusieurs secteurs économiques, le durcissement des législations environnementales et la promotion des pratiques écologiques. Équation difficile pour des puissances industrielles comme la Chine et les États-Unis d’Amérique qui ont signé l’Accord de Paris dès 2016 pour contenter l’opinion internationale. D’ailleurs l’ancien président Donald Trump ne s’en est pas caché en retirant dès 2020 « les Américains de cet Accord compromettant pour leurs emplois et leur croissance » (avant une réintégration sous l’ère Joe Biden en 2021).

La coopération et le financement climatiques

L’autre point essentiel contenu dans ce traité de Paris est l’engagement financier des pays développés à verser chaque année 100 milliards de dollars auprès du Fonds vert pour le climat (FVC), en faveur des pays les plus vulnérables aux changements climatiques. C’est là que le bât blesse ! Les 194 parties du climat concernées sont aux prises à chaque COP car l’enveloppe ne suit jamais les promesses. Mais le rendez-vous de Dubaï qui avait en toile de fonds la première évaluation de l’Accord de Paris et l’entérinement du nouveau Fonds sur les « pertes et dommages » devrait faire la différence. À noter que les besoins de financement de l’adaptation des pays en développement sont estimés à 387 milliards de dollars par an jusqu’en 2030 par les Nations unies.

Lire aussi- COP28 : Dubaï, la ville hôte critiquée pour ses « aberrations écologiques»

La dernière clé essentielle à la compréhension de l’Accord de Paris, c’est son article 6 préconisant la « coopération » entre les gros pollueurs et les petits pollueurs. Le dernier exemple bilatéral en date est le partenariat entre la Norvège (géant des hydrocarbures) et le Maroc (laboratoire des énergies renouvelables en Afrique) qui prévoient depuis novembre 2023 d’échanger leurs quotas d’émissions de GES par l’entremise technique de l’Institut mondial pour la croissance verte (GGGI). Alors que la COP28 s’est achevée par un consensus pour une transition « hors des énergies fossiles », les prochaines années s’annoncent décisives pour l’avenir de l’Accord de Paris.

Benoit-Ivan Wansi

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