GAMBIE : les populations de Genieri autofinancent leur projet d’eau potable

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GAMBIE : les populations de Genieri autofinancent leur projet d’eau potable© Fabian Plock/Shutterstock

Les populations de Genieri, un village situé dans la région de Lower River, à l’ouest de la Gambie, ont assisté récemment à la pose de la première pierre de la phase I et II de leur projet Genieri Water, Sanitation, and Hygiene (G-WASH). Il est financé par les habitants du village et ceux de la diaspora.

À l’ouest de la Gambie se trouve Genieri, un village où vivent plus de 1 200 personnes. Il est plutôt connu pour son héroïsme historique en Afrique de l’Ouest. La population de ce village avait repoussé l’assaut du djihadiste Foday Kaba Dumbuyaa au XIXe siècle. Mais ce que l’on sait moins, c’est que les femmes, qui composent 70 % de la population du village, se lèvent très tôt le matin pour effectuer une corvée d’eau quotidienne. Une autre forme d’héroïsme…

En l’absence de service public de l’eau capable de soulager ces femmes, les populations ont initié le projet Genieri Water, Sanitation, and Hygiene (G-WASH). C’est ce qui explique qu’elles se soient déplacées massivement le mercredi 21 novembre 2018 pour assister à la pose de la première pierre pour la réalisation de la première phase de ce projet. « Le but est de promouvoir le développement rural et d’améliorer la santé communautaire et le bien-être individuel par l’eau, l’assainissement et l’hygiène », explique Nfamara Sanneh, le représentant des villageois.

Le financement communautaire

Les travaux ont été confiés à la Sky Light Electricity and Water Management Company. Cette entreprise appartient à Alkali Marong, originaire de Genieri. Elle réalisera le forage et installera, en plein centre du village, un puit communautaire aménagé, de sorte qu’il puisse fournir de l’eau potable dans 20 robinets disséminés en plusieurs endroits du village.

« Nous sommes plein d’espoir concernant ce projet de développement ; s’il est mené à bien, non seulement il améliorera l’accès à l’eau potable, mais il applanira les difficultés que les femmes et les filles rencontrent pour aller chercher l’eau », confie Nfamara Sanneh. Le coût total pour la réalisation de cette première phase du projet G-WASH est de 1,5 million de dalasis, soit plus de 30 000 dollars. Le financement a été entièrement assuré par les populations. Dans certaines familles, plus de 100 dollars ont été investis. Selon Majar S. Sanyang, qui est le porte-parole de la diaspora de Genieri aux États-Unis, certains de ses semblables ont contribué individuellement, à hauteurs de 2 000 dollars. Il faut noter que 15 % des natifs de ce village vivent à l’étranger, principalement dans l’Union européenne, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Après la réalisation de la phase I et II du projet (en cours), il faudra lancer la phase III, consacré à l’assainissement. Mais pour ce faire, il faudra investir jusqu’à 500 000 dollars. Les villageois lancent donc un appel au soutien à l’administration gambienne et aux partenaires du développement.

Jean Marie Takouleu

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