AFRIQUE : trente pays font pression sur l’UE contre le braconnage des girafes

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AFRIQUE : trente pays font pression sur l’UE contre le braconnage des girafes©Attila JANDIShutterstock

Cibles relativement récentes des braconniers, les populations de girafe ont décliné sur tout le continent noir, passant de 140 000 individus à moins de 80 000 au cours des quinze dernières années. Pour éviter l’extinction de l’espèce, un groupe de 30 États africains sollicite le soutien de l’union européen pour la mise sur pied de restrictions urgentes sur le commerce international des os et des peaux tachetées de girafe.

L’Union européenne (UE) s’est donné jusqu’à la fin mars 2019 pour répondre à la demande formulée par le groupe de 30 pays africains, tous situés sur l’aire de répartition des girafes, comme le Kenya, le Tchad ou le Niger. Ils réclament le soutien de l’UE pour attribuer aux girafes une protection spéciale de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction), un traité international qui régit le commerce des espèces menacées. « L’inscription des girafes à l’Annexe II entraînerait un “contrôle indispensable” sur le commerce international » a déclaré Abba Sonko, qui dirige les activités de la Cites au Sénégal, pays membre de la coalition.

Même si la classification Cites n’entraîne pas une interdiction absolue sur le commerce de produits à base de girafe, les restrictions sont telles qu’elles permettraient aux autorités de contrôler le trafic de l’espèce, et de s’assurer qu’il ne contribue pas au déclin des populations sauvages. Le soutien de l’UE est donc déterminant. Car la région est en partie responsable du braconnage des girafes d’Afrique.

Jusqu’à 15 000 dollars, juste pour venir tuer une girafe en Afrique

Malgré le déclin des populations de girafes en Afrique, qui sont passées de 140 000 individus à moins de 80 000 au cours des quinze dernières années, selon la Giraffe Conservation Foundation (GCF), la chasse de ce très grand mammifère des savanes reste légale dans bon nombre pays africains, car rentable pour le tourisme.

Des chasseurs sportifs, issus de Russie, des États-Unis, mais aussi de pays européens comme l’Allemagne, payent ainsi des milliers de dollars pour des safaris en Afrique du Sud, en Namibie et au Zimbabwe, où la chasse de girafes est encore permise. Les frais de parc, ainsi que ceux du guide, peuvent atteindre jusqu’à 15 000 dollars par chasseur.

Selon GCF, cette chasse a contribué à la disparition des girafes en Angola, au Mali et au Nigeria. Et la population de girafes a ainsi été divisée par deux depuis 1988.

Boris Ngounou

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