AFRIQUE : des « Rhino bounds » émis dès 2020 pour protéger les Rhinocéros noirs

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AFRIQUE : des « Rhino bounds » émis dès 2020 pour protéger les Rhinocéros noirs©MicheleBShutterstock

En 2020, des obligations d’un tout nouveau genre seront mises sur le marché : les « Rhino bonds ». Ils sont destinées à la conservation des rhinocéros. Ces titres de créances seront émis pour un montant de 50 millions de dollars. Cette vente planifiée d’obligations à impact vise à accroitre la population de rhinocéros noirs dans cinq parcs situés au Kenya et en Afrique du Sud.

Il s’agit d’une innovation singulière sur le marché obligataire. Des titres de créances appelés « Rhino bonds » vont faire leur apparition en Afrique. Il s’agit d’un emprunt spécifique, destiné à la protection des rhinocéros. En 2020, ces obligations d’un montant total de 50 millions de dollars seront émises sur le marché financier par Conservation Capital, une société fondée au Kenya il y a environ 15 ans dans le but de créer des outils de financement pour les entreprises et les investissements dans la conservation des espèces en danger d’extinction. La structure opère en partenariat avec des institutions telles que la Zoological Society of London, la Banque mondiale, la Royal Foundation, quelques banques telles que le Crédit Suisse et l’UBS et les cabinets d’avocats DLA et Piper.

Les fonds empruntés couvriront les efforts de protection des rhinocéros dans cinq parcs en Afrique du Sud et au Kenya, où vivent environ 700 rhinocéros noirs, soit environ 12 % de la population mondiale de cette espèce.

La durée de maturité des obligations étant de 5 ans, les investisseurs seront remboursés de leur capital et d’un rendement si le nombre d’animaux augmente. Car l’objectif de cette opération est d’augmenter de 10 % la population mondiale de rhinocéros noirs.

D’autres espèces pourraient suivre

L’emprunt obligataire à impact destiné au rhinocéros noir pourrait s’étendre à d’autres espèces, comme l’ont laissé entendre les initiateurs du Rhino bond. « Il y a d’énormes possibilités pour que cela soit utilisé pour d’autres espèces. Nous avons commencé avec le cadre suivant. Nous pouvons créer un lien d’impact pour la conservation », a déclaré Oliver Withers, responsable du financement et de la conservation de la conservation à la Zoological Society of London.

Le choix qui s’est porté sur le rhinocéros noir peut aussi tenir du fait que cet animal est l’une des cibles préférées des braconniers. En Afrique du Sud, le gouvernement a dénombré 702 rhinocéros abattus par les braconniers en 2016, dont 458 dans le seul parc national Kruger. Une réserve de la taille de la Belgique, qui concentre la plus grande population de rhinocéros au monde. Des animaux pourchassés pour leurs cornes vendues en poudre à raison de plusieurs milliers d’euros le gramme au Vietnam et en Chine, où la croyance traditionnelle leur accorde de supposées vertus de guérison du cancer et d’amélioration de la virilité.

Dans ce contexte, le « Rhino bond » pourrait à l’avenir connaître un certain succès. Car, selon Francis Vorhies, le directeur de l’Africa Leadership University, qui a pris part au forum de Johannesburg, sur la protection de l’environnement en Afrique australe et en Afrique de l’Est, l’Afrique attirera 134 millions de touristes en 2030, avec dans leur sillage des centaines de milliards d’euros de recettes.

Boris Ngounou

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