TCHAD : un fonds d’indemnisation des conflits homme-faune est annoncé

Par - Publié le / Modifié le

TCHAD : un fonds d’indemnisation des conflits homme-faune est annoncé©FrenchwildlifephotograherShutterstock

Le gouvernement tchadien veut mettre en place un fonds d’indemnisation pour gérer les conflits homme-faune. Cet engagement est consécutif à une nouvelle attaque perpétrée par un animal sauvage sur des habitants de Ndjamena la capitale.

Quatre des victimes de l’agression commise par une panthère le 14 février 2019 à Ndjamena (capitale du Tchad) sont encore étendues sur leurs lits d’hôpital. Cette fois-ci, leurs blessures étaient plus graves que celles des cinq victimes précédentes. Ces personnes ont été atteintes par les coups de griffe et les crocs d’une panthère en divagation. Le félin s’est introduit au petit matin dans leur quartier, à Guinébor dans le premier arrondissement de la capitale et s’est attaqué à eux, avant d’être abattu par des soldats.

« Il y a eu au total neuf blessés, dont cinq légers et quatre dans un état sérieux. Les cinq blessés légers sont sortis de l’hôpital ; les quatre autres y sont toujours gardés et continuent de recevoir des soins. D’après les médecins, leur état n’est pas très grave », a expliqué le ministre tchadien de l’Environnement de l’Eau et de la Pêche, Siddick Abdelkérim Haggar, qui s’était rendu à leur chevet au lendemain de l’incident. Selon lui, l’animal se serait échappé du parc animalier de Waza dans l’extrême nord du Cameroun voisin, situé à deux kilomètres. « Ce n’est pas la première fois que des animaux s’égarent de ce parc pour se retrouver du côté tchadien. Des éléphants traversent régulièrement ; il y a même eu une fois l’incursion d’un lion » a ajouté le ministre.

De nombreux conflits homme-faune en Afrique centrale

Ainsi, pour gérer au mieux ce type de situation, qui relève du domaine des conflits homme-faune, très fréquents dans la région, Siddick Abdelkerim Haggar a annoncé la mise sur pied d’un fonds d’indemnisation, pour réparer les dégâts posés par ce type d’incident. Car au Tchad et dans la sous-région Afrique centrale, les conflits entre l’homme et la faune s’incarnent sous plusieurs formes : la destruction des cultures, les atteintes à la vie humaine et animale ou encore la compétition pour les ressources naturelles disponibles et les territoires.

En 2015, la plateforme de suivi des Conflits Homme-Faune (CHF) a comptabilisé, au terme de 5 mois d’observation, plus de 236 notifications. La plupart des cas rapportés proviennent de RDC (36 %), du Congo Brazza (28 %), du Gabon (22 %) et du Cameroun (9 %). L’éléphant étant l’animal qui arrive en tête des espèces à problème, avec 73 % des conflits impliquant une espèce sauvage.

D’où l’importance du fonds d’indemnisation annoncé par le ministre tchadien. Ajoutées aux efforts de sensibilisation, ces indemnisations permettront d’éviter un soulèvement populaire contre les animaux des aires protégées, tout en garantissant l’adhésion des populations à la préservation de la biodiversité.

Dans cet esprit, le docteur Guillaume Marchand, du Centre des sciences de l’environnement de l’université fédérale de l’Amazonas au Brésil, propose plusieurs formules d’indemnisation des populations dans le cadre des conflits hommes-faune. Et l’écotourisme peut jouer un rôle favorable à condition que les retombées économiques soient à destination des locaux. Dans la même logique, il semble intéressant de recruter des gardes forestiers parmi les populations locales, car cela crée des emplois directs et participe donc à l’économie locale. De plus, cela sensibilise les habitants à la conservation de la nature et des espèces qui y vivent.

Boris Ngounou

Plus sur le même thème

Plus dans la même région

Nous respectons votre vie privée

Ce site utilise des cookies et des technologies statistiques pour améliorer votre expérience. En cliquant j'accepte, vous donnez votre accord.

J'accepte
X
Newsletter AFRIK 21