NIGERIA : TCN transportera l’énergie de la centrale hydroélectrique de Mambilla

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NIGERIA : TCN transportera l’énergie de la centrale hydroélectrique de Mambilla© SamanWeeratunga/Shutterstoc

Les autorités nigérianes ont choisi Transmission Company of Nigeria (TCN) pour assurer le transport de l’énergie produite par la future centrale hydroélectrique de Mambilla. Ce projet, d’une capacité de 3,5 GW est déployé dans l’Etat de Taraba, à l’est du Nigeria.

Le projet hydroélectrique de Mambilla, dans l’État de Taraba à l’est du Nigeria, a connu d’énormes retards depuis plusieurs années. Mais, il semble qu’on s’achemine vers le dénouement avec la décision des autorités de désigner l’entreprise qui transportera l’énergie produite par la future centrale. Cette importante phase du projet sera donc exécutée par Transmission Company of Nigeria (TCN).

L’accord conclu entre le gouvernement du Nigeria et l’entreprise publique date de la fin du mois de décembre 2018. Mais, il n’a été dévoilé que très récemment. TCN devra donc construire 700 kilomètres de lignes de transport. « L’une des parties prioritaires est la dorsale orientale, qui partira de Calabar et ira jusqu’à Kano. Il s’agit d’une prise double de 330 kV. Ce projet nous permettra de nous connecter avec le Central African Power Pool en passant par la région Ikom. Il acheminera également de l’électricité dans les régions les plus négligées du Nigeria », a précisé Mohammed Gur Usman, le président directeur général de TCN.

Un méga projet financé par la Chine

Le barrage hydroélectrique de Mambilla, dont la construction devrait commencer en 2019, figure au rang des mégaprojets du continent africain. Il est classé derrière le projet hydroélectrique du Grand Inga en République démocratique du Congo (RDC) qui affiche 11 GW et celui de la Grande Renaissance qui fournira 6 GW en Éthiopie.

Le barrage de Mambilla devrait fournir 3,5 GW et sera construit au niveau du village de Gembu, sur le fleuve Dongo. Point noir du projet : cette énorme infrastructure devrait entraîner le déplacement de 100 000 personnes dans l’État de Tabara, ce qui a poussé plusieurs partenaires au développement à se montrer retissant à financer ce projet. Finalement, c’est Exim Bank of China qui accompagne l’Etat nigérian sur ce projet, en le finançant à 85 %. Comme il est souvent d’usage avec les financements chinois, le projet a été confié en 2013 à l’entreprise Sinohydro, spécialisée dans la construction des barrages.

L’État du Nigeria a finalement retiré le projet à Sinohydro. Raison invoquée, le retard pris dans l’attribution du marché et dans la réalisation des études de faisabilité. Les négociations entre les deux partenaires n’ont pas débouché sur une solution de reprise. Finalement, c’est une rencontre entre le président nigérian Muhammadu Buhari et son homologue chinois Xi Jinping en 2017 qui va permettre de débloquer la situation. La construction du barrage hydroélectrique de Mambilla est à nouveau confiée à Sinohydro. Mais cette dernière devrait travailler avec China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC).

Un projet important pour l’économie du Nigeria

Sinohydro et CCECC devront détourner une partie des eaux du réservoir du barrage Mimballa, en place depuis 1982. L’eau sera conduite par trois tunnels de 33 km chacun. Une partie de l’eau qui arrive avec une très forte pression sera interceptée par les barrages de Sum Sum et de Nghu. L’autre partie des eaux du barrage de Mambilla se jettera dans deux centrales souterraines, construites dans la roche. Le plus gros barrage affichera une hauteur de 150 m.

Les 3,5 GW que vont produire l’ensemble des installations au quotidien vont certainement permettre au Nigeria de résoudre une partie des problèmes d’électricité dont souffre le pays, confronté à une industrialisation poussée. Mambilla permettra au Nigeria d’augmenter sa production électrique de 75 %. Par ailleurs, une partie de l’énergie de Mambilla sera vendue aux pays voisins, à travers le Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain (EEEOA). Il s’agit d’une institution mise en place par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), avec pour objectif « d’intégrer les réseaux électriques nationaux dans un marché régional unifié de l’électricité ».

Jean Marie Takouleu

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