MALI : un nouveau site internet sur le fleuve Niger sensibilise à la qualité de l’eau

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Bamako, capitale du Mali, sur les bords du fleuve Niger.

L’Agence de bassin du fleuve du Niger lance ces jours-ci un site internet pour la collecte et le partage de données sur la qualité de l’eau du fleuve à Bamako. L’objectif d’une telle initiative est de rendre public toutes les informations sur la pollution du fleuve Niger pour sensibiliser les populations à la qualité de l’eau.

Le fleuve Niger traverse six pays d’Afrique de l’ouest : Sierra Leone, Guinée, Mali, Bénin, Niger et Nigeria. Au cours de ce voyage long de 4 180 km, il est régulièrement pollué par les activités de l’homme dans ces différents pays, notamment par les pesticides utilisés dans l’agriculture, les déchets ménagers ou encore le déversement des eaux usées.

Au cours de sa traversée de l’Afrique de l’Ouest, le fleuve passe dans les grandes villes comme Kouroussa ou Bamako, où la pollution se déverse à grande échelle, menaçant la santé des populations riveraines.

Mais depuis huit mois, l’Agence du Bassin du fleuve Niger, avec l’aide des ONG Akvo et Via Water, travaille à la création d’un site internet qui a vu le jour le lundi 2 avril 2018. Il ne s’agit que de la première phase du projet qui consiste à collecter des données sur le fleuve, autour de Bamako, la capitale malienne.

Pour assurer le bon déroulement de cette opération qui va être mené par 12 agents sur 22 km, Akvo a mis au point l’application Akvo Caddisfly, qui facilite la collecte des informations. Pour cela, les agents auront à leur disposition un arsenal assez sophistiqué : des capteurs, des bandelettes et des drones sous-marins.

 

Le Niger, un fleuve à la merci de toutes les pollutions

Selon le Baba Farady N’diaye, qui dirige à Bamako le projet de protection et de gestion des écosystèmes à l’Agence de bassin du fleuve Niger, toutes les ordures produites par les populations se retrouvent dans le fleuve. « Les unités industrielles et artisanales, comme la tannerie, les teinturiers… tous déversent directement leurs eaux usées dans le fleuve », déplore Baba Farady N’diaye.

Dans la région de Sikasso, essentiellement agricole (en majorité, de la culture du sorgho et du mil), ce sont les engrais qui se déversent dans le fleuve ; dans une région située en amont de la capitale malienne.

Un peu plus loin, à Kangaba, c’est l’orpaillage qui contribue à la pollution du troisième plus long fleuve africain après le Nil en Afrique du Nord et le Congo en Afrique centrale.  Pour extraire l’or, il faut utiliser un certain nombre de produits toxiques comme le mercure ou le cyanure, qui se retrouvent dans les eaux du fleuve.

À partir des données récoltées, les chercheurs détermineront le ph, les nitrates, les nitrites ou encore le taux de chlorure dans le cours d’eau. Toutes ces informations seront ensuite publiées sur le site en version complète ou simplifiée, afin de sensibiliser chacun à la qualité de l’eau.

Jean Marie Takouleu

 

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