KENYA : Vr et Woima produiront de l’électricité et du biogaz à partir des déchets

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© Dmitri Ma/Shutterstock

Les autorités du Comté Garissa au Kenya ont pour ambition de produire de l’électricité et du biogaz pour la population à partir des déchets. Elles ont confié la construction d’une usine de valorisation de ces déchets à deux entreprises : la suédoise Vr Holding AB et la finlandaise Woima Corporation.

Longtemps une source de pollution majeure, les déchets sont en passe de devenir une source d’énergie à Garissa. Dans cette ville, située dans le comté du même nom, à l’est du Kenya, les autorités ont entrepris de les valoriser. Ils vont servir à produire du biogaz et de l’électricité. Le gouvernement de Garissa a confié le projet à deux entreprises européennes. Il s’agit de Vr Holding AB basée en Suède et  Woima Corporation, une société finlandaise.

Pour le moment, aucune information n’a filtré sur les capacités de la future installation. Mais on sait que les deux entreprises se serviront également de la mathenge pour produire de l’énergie. Il s’agit d’une plante (arbuste) envahissante, connue sous le nom scientifique de Prosopis juliflora.

Une solution pour anéantir la mathenge ?

Originaire d’Amérique latine, la mathenge a été introduite au Kenya par les colons. À l’origine, pour nourrir le bétail, mais depuis, la plante a développé une toxine qui peut représenter un danger pour certains herbivores. De plus, avec ses épines et ses nombreuses branches basses, l’arbuste forme un fourré impénétrable pour les animaux qui veulent s’abreuver dans les rivières. Pour ne rien arranger, elle se régénère très vite, même à partir de ses racines.

Les autorités kenyanes ont donc essayé de s’attaquer à ce problème par le passé. Elles avaient alors confié à l’entreprise américaine, Cummins Inc, la responsabilité de construire une usine de biomasse de 12 MW, fonctionnant à partir de mathenge dans le comté de Baringo. Mais l’usine a fermé ses portes quelques temps après sa mise en service. L’espèce de mathenge qui se développe sur place est alors jugée trop humide et donc incompatible avec les équipements de l’entreprise.

Un défi à relever finalement ?

Mais à Garissa, Woima et Vr comptent bien relever le défi. Les arbustes seront coupés pour être transformés en copeaux avant d’être incinérés à haute température. Même si cette solution n’est pas fructueuse, les feuilles de l’arbuste peuvent toujours servir de catalyseur dans la production du biogaz. C’est ce qui se passe avec la jacinthe d’eau dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est. Car, en plus des déchets, la production du biogaz nécessite également l’apport de plantes et de matière fécale (boue de vidange, la bouse de vache…)

Le projet ne sera pas la première aventure pour Vr au Kenya. La société a essayé sans succès de convaincre les autorités pour construire un parc éolien off-shore de 600 MW au large de l’océan indien. À l’époque, le Kenya n’avait pas encore de législation favorable aux producteurs privés d’électricité (IPP). Mais actuellement l’entreprise est en train de construire une usine qui incinérera les déchets pour produire de l’électricité dans le comté de Kakamega à l’ouest du pays. L’installation qui est également développée en partenariat avec Woima affichera une capacité de 2,5 MW. Coût total du projet, 3,5 milliards de shillings, soit 34,7 millions de dollars. Les deux entreprises prévoient une mise en service d’ici le mois de septembre 2019.

Jean Marie Takouleu

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