KENYA : SERC s’attaque à la pollution de l’air de Nairobi avec ses tricycles solaires

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KENYA : SERC s’attaque à la pollution de l’air de Nairobi avec ses tricycles solaires©Corepics VOF/Shutterstock

À Nairobi, le Strathmore Energy Research Centre (SERC) produit et vend des tricycles fonctionnant à l’énergie solaire. Objectif, faire du business et surtout lutter contre la pollution de l’air dont est victime la capitale du Kenya.

D’Abidjan à Dar es-Salaam en passant Lagos et Douala, la moto et le tricycle sont devenus les principaux moyens de transport. Cette montée en puissance des deux ou trois roues est causée par la recrudescence des embouteillages dans les villes et surtout par le chômage qui pousse de nombreux jeunes à se convertir en conducteur de mototaxi. Cette présence massive des deux et trois roues en ville n’est pas sans conséquence pour l’environnement, notamment pour la pollution de l’air.

À Nairobi, la pollution du parc de motos vient s’ajouter à une situation déjà comparable à certaines villes asiatiques. « Une moto peut engendrer jusqu’à 300 fois plus d’émissions d’hydrocarbures et 10 à 50 fois plus de particules qu’une voiture à essence moyenne », explique W. David Rubia responsable du programme de la qualité de l’air et de la mobilité au Programme des Nations unies pour l’environnement (ONU Environnement). C’est dans ce contexte qu’une entreprise basée à Nairobi a décidé de s’attaquer à ce problème de pollution en fabricant des tricycles à énergie solaire.

Des tricycles moins polluants et plus accessibles

Le tricycle, proposé par Strathmore Energy Research Centre (SERC), est équipé d’une batterie électrique, qui est rechargée en permanence par un panneau solaire qui sert aussi de toit pour ces trois roues. « La batterie lorsqu’elle est correctement chargée peut permettre de rouler sur une distance de 50 kilomètres », explique Ignatius Maranga, ingénieur et chercheur spécialiste des énergies renouvelables chez SERC. Si le niveau du soleil n’est pas favorable, le conducteur peut rentrer chez soi et charger la batterie à partir d’une prise.

SERC travaille également à rendre plus accessibles ses tricycles solaires. Pour faire baisser les coûts unitaires, l’entreprise doit pouvoir produire en grande quantité afin d’obtenir des gains de productivité. Elle compte justement décupler sa production en 2019. Ce déploiement à grande échelle sera financé grâce au Valeo Innovation Challenge, obtenu en octobre 2018 à Paris. Il s’agit d’un concours mondial de l’innovation qui a permis à SERC de remporter près de 12 millions de shillings kenyans, soit 100 000 euros. Un trois roues coûte plus de 100 000 shillings (1000 dollars).

 

Pour faciliter la tâche aux conducteurs de moto, la jeune entreprise propose un système de payement à l’utilisation, c’est-à-dire 2 dollars par jour sur une période de trois ans.

L’entreprise ne s’arrête pas là, elle compte recycler les panneaux solaires et les batteries utilisées sur les tricycles. « Nous envisageons des solutions de rachat pour les batteries, où les propriétaires de tricycle ne seront pas entièrement propriétaires des batteries elles-mêmes, mais seront en mesure de les retourner et d’en obtenir une nouvelle une fois leur durée de vie écoulée », explique Anne Wacera, responsable de la qualité au centre de recherche chez SERC.

Nairobi rejoint ainsi le cercle des villes africaines qui tentent d’allier écologie et mobilité urbaine. Il y a de cela quelques mois, c’est l’entreprise américaine Ampersand qui a commencé des tests pour la commercialisation des motos électriques destinées au transport à Kigali, la capitale rwandaise. À Jacqueville en Côte d’Ivoire, la municipalité soutient le remplacement des taxis-brousse par des tricycles solaires…

Jean Marie Takouleu

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