KENYA : comment le noir de carbone issu des transports accélère la pollution à Nairob

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KENYA : comment le noir de carbone issu des transports accélère la pollution à Nairobi ©PradeepGaurs/Shutterstock

Au Kenya, l’urbanisation et la croissance démographique entraînent une augmentation de la pollution de l’air avec un impact sur la santé humaine et l’économie de ce pays qui veut décarboner ses systèmes de transport. La situation a fait l’objet d’une étude dont le rapport a été publié récemment par un groupe de chercheurs suédo-kényans.

Le noir de carbone issu du trafic routier au Kenya dégrade la qualité de l’air dans la plupart des grandes villes notamment la capitale Nairobi. Une bonne partie de ses 4 millions d’habitants ont recours aux transports à essence ou diesel, une grande source de pollution. C’est ce que révèle une étude menée par un groupe de chercheurs suédo-kényans.

Le rapport qui évoque au premier chef le noir de carbone, a été produit conjointement par Michael Gatari de l’Institut des sciences et technologies nucléaires du Collège d’architecture et d’ingénierie de l’université de Nairobi en partenariat avec Léonard Kirago, August Andersson et Örjan Gustafsson du département des Sciences de l’environnement et du centre Bolin de recherche sur le climat à l’Université de Stockholm en Suède.

Des impacts sur la santé et l’environnement

Également nommé « carbone suie », le noir de carbone est un polluant de l’air émis lors de réactions de combustion notamment l’usure des pneus sur les routes. Selon les spécialistes de la santé, il est nocif pour les yeux et les voies respiratoires, car il provoque généralement la toux, le phlegme et la bronchite chronique, lors d’exposition à de fortes concentrations. Il serait également à l’origine de plusieurs cancers et des problèmes dermatologiques à cause de l’incrustation de particules dans la peau. Le noir de carbone qui agit en synergie avec d’autres polluants comme l’ozone troposphérique est considéré comme le deuxième responsable du réchauffement climatique après le dioxyde de carbone (CO2).

Les pays développés notamment les États-Unis d’Amérique et la France ont commencé à réduire leurs émissions de noir de carbone depuis les années cinquante en adoptant des mesures antipollution, contrairement à la plupart des pays en développement en Asie, en Amérique latine et en Afrique. En ce sens, le Kenya ambitionne de mobiliser au cours des prochaines années, 6 200 milliards de shillings (55 milliards de dollars) pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique en vue de réduire de 32 % les émissions de gaz à effet de serre (GES). Toutefois, la mobilité durable se présente de plus en plus comme une alternative aux modes de transport via des véhicules à combustion.

L’expansion de la mobilité verte

Le Kenya s’est engagé à renoncer aux véhicules de transport avec moteur à combustion pour réduire la pollution de l’air dans ses grandes villes. Le pays d’Afrique de l’Est, qui mise sur le développement des nouvelles technologies et figure déjà parmi les leaders dans le domaine des énergies renouvelables qui constituent 80 % de son mix électrique selon la Banque africaine de développement (BAD). De nombreuses start-up spécialisées dans l’e-mobilité se sont installées au Kenya afin de développer la mobilité verte, à l’instar de Drive Electric qui en plus de la location de véhicules électriques propose des services d’installation de bornes de recharge.

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NopeaRide s’inscrit également dans la même logique en mettant sur le marché du transport, des véhicules électriques avec chauffeur. Quant à la jeune pousse BasiGo lancée en 2017 par Jit Bhattacharya, elle assemble des K6, un modèle de bus électriques fournit par le constructeur chinois BYD Automotive. Les premiers bus de cette gamme ont été mis en circulation dans la capitale Nairobi en début 2022. De son côté, Opibus s’est associé avec le géant américain Uber pour la mise en circulation de 3 000 motos électriques avant 2023.

Benoit-Ivan Wansi

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