GUINÉE : Human Rights Watch dénonce les dégâts du projet hydroélectrique de Souapiti

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GUINÉE : Human Rights Watch dénonce les dégâts du projet hydroélectrique de Souapiti©JRJfin / Shutterstock

En 2020, le barrage hydroélectrique de 450 MW de Souapiti, en construction sur le fleuve Konkouré en Guinée, va causer le déplacement supplémentaire de dizaines de villages. Une situation qui inquiète les populations et Human Rights Watch. Selon un rapport de l’ONG, publié en avril 2020, le gouvernement guinéen a déplacé, en 2019, 51 villages en s’engageant à achever leur réinstallation d’ici un an. Aujourd’hui rien n’a été fait. Et les communautés ont du mal à nourrir leurs familles.

Human Rights Watch vient de faire le point sur le projet hydroélectrique de Souapiti, réalisé sur le fleuve Konkouré, à environ 2 kilomètres en amont du barrage de Kaléta en Guinée. Dans un rapport récent, l’ONG de défense alerte sur le sort des déplacés pour cause de travaux. « À la fin de l’année 2019, le gouvernement guinéen avait déplacé 51 villages et, selon ses déclarations, il prévoyait de réaliser les réinstallations restantes en l’espace d’un an, mais rien n’a été fait. Forcées de quitter les habitations et les terres de culture de leurs ancêtres, dont une grande partie est déjà inondée ou en passe de l’être, les communautés déplacées ont du mal à nourrir leurs familles, à rétablir leurs moyens de subsistance et à vivre dignement », s’indigne Human Rights Watch.

L’ONG se fonde sur plus de 90 entretiens avec des personnes déjà déplacées, ainsi qu’avec les chefs d’entreprises et les responsables gouvernementaux engagés dans le processus de réinstallation. Dans son rapport sur la situation locale,  publié en avril 2020, Human Rights Watch formule également des recommandations quant à la façon d’améliorer les réinstallations à venir et décrit les voies de recours dont les communautés déjà déplacées ont besoin étant donné que, le gouvernement guinéen prévoit de déplacer des dizaines d’autres villages en 2020.

Le réservoir du barrage de Souapiti devrait entraîner, à terme, le déplacement d’environ 16 000 habitants issus de 101 villages et hameaux. Il inondera 253 kilomètres de terres en Guinée, dont 42 kilomètres carrés de cultures. Les travaux de construction ont démarré en 2015 et la mise en service de l’infrastructure est prévue en septembre 2020.

Une capacité de 450 MW

Le barrage de Souapiti fonctionnera avec une centrale hydroélectrique qui affichera une capacité de 450 MW. L’accès à l’électricité devrait être amélioré en Guinée grâce à l’énergie hydraulique que produira le barrage. Dans le pays, une faible fraction de la population peut accéder à l’énergie électrique et de façon limitée.

Le barrage de Souapiti fait partie du projet « Initiative Ceinture et route » (Belt and Road Initiative, BRI) de la Chine, qui consiste à investir plus d’un trillion de dollars US dans des infrastructures situées dans quelque 70 pays et qui a soutenu d’importants projets hydroélectriques en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Pour sa réalisation dans le cadre d’un partenariat public-privé, la Chine a octroyé un prêt de 1,175 milliard de dollars US au gouvernement guinéen.

Le barrage est construit par la China International Water And Electric Corporation (CWE), une filiale en propriété exclusive de l’entreprise publique chinoise Three Gorges Corporation et deuxième constructeur de barrage au monde. L’entreprise en sera la détentrice et l’opératrice, conjointement avec le gouvernement guinéen.

Inès Magoum

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