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Énergies renouvelables en Afrique : trois secteurs clés à suivre en 2024

Énergies renouvelables en Afrique : trois secteurs clés à suivre en 2024 © Tavarius /Shutterstock

Les dirigeants africains veulent porter la capacité de production d’énergies renouvelables de 56 GW en 2022 à au moins 300 GW d’ici à 2030. Cet objectif décidé lors du premier Sommet africain sur climat et réitéré lors de la 28e Conférence des parties des Nations unies sur le climat (COP28) se heurte toutefois au manque de financement, puisque le continent ne reçoit que 3 % des investissements mondiaux dans les énergies renouvelables.

Pourtant, l’Afrique dispose d’un important potentiel en matière d’énergies renouvelables : 7 900 GW, rien que pour le solaire. C’est l’un des secteurs qui attirent le plus d’investissements sur le continent. Cette tendance devrait s’accélérer au cours de l’année 2024, principalement en Afrique du Sud où des centrales solaires sont construites à tour de bras, dans un contexte marqué par les délestages causés par la vétusté des centrales à charbon exploitées par la compagnie publique Eskom.

Le boom du solaire en Afrique du Sud et en Égypte  

Dans l’optique de réduire ces délestages et accélérer sa transition énergétique, le gouvernement sud-africain a lancé le Programme d’approvisionnement des producteurs indépendants d’énergie renouvelable (REIPPP) et le Programme d’approvisionnement des producteurs d’énergie indépendants pour l’atténuation des risques (RMIPPPP), qui devraient se poursuivre en 2024, grâce aux investissements des producteurs indépendants d’électricité (IPP).

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En 2022, l’Afrique du Sud affichait une capacité solaire installée de 7 021 MW. Cette capacité de production devrait croître annuellement de 12 % au cours de la période 2022-2035, selon la société d’analyse britannique GlobalData. Le développement du solaire devrait également se poursuivre en Égypte ou plusieurs grands projets sont actuellement développés par des IPP. C’est le cas du parc solaire de Kom Ombo (500 MW) développé par l’entreprise émirienne Amea Power, à travers l’entreprise à finalité spécifique Abydos Solar Power Company (ASPC).

Quid de l’éolien ?

L’année 2024 pourrait aussi apporter un vent nouveau pour le programme Noor Midelt qui piétine depuis quelques années au Maroc. L’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen) a déjà lancé des appels d’offres pour les phases II et III, mais aucune avancée notable n’a encore été enregistrée sur le terrain. Le solaire à grande échelle se développe également timidement dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, notamment au Tchad, au Niger, au Burkina Faso, au Kenya, en Namibie, en Côte d’Ivoire ou encore en Zambie.

À côté de ces grands projets destinés au service public de l’électricité, il faut également noter le développement des projets solaires pour les acteurs commerciaux et industriels (C&I), notamment dans le secteur minier. Il y a aussi les mini-réseaux solaires photovoltaïques qui permettent l’électrification des zones rurales et certaines villes. C’est le cas notamment à Goma en République démocratique du Congo (RDC) où Nuru poursuit la construction d’un nouveau réseau électrique métropolitain alimenté à l’énergie solaire.

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Parmi les secteurs à suivre en 2024 figurent également l’éolien qui se développe principalement en Égypte, notamment dans le golfe de Suez où l’entreprise française Engie, l’égyptienne Orascom Construction et les japonaises Toyota Tsusho Corporation/Eurus Energy Holdings Corporation construisent un nouveau parc éolien de 500 MW qui devrait entrer en service commercial en 2025. Il faudra également suivre l’évolution de ce secteur en Afrique du Sud, mais aussi en Afrique de l’Est où l’Éthiopie construit actuellement le parc éolien d’Assela de 100 MW. Elle rejoint ainsi le Kenya et Djibouti qui exploitent respectivement le parc éolien du Lac Turkana (310 MW) et de Ghoubet (60 MW).

Il faudra aussi suivre le mégaprojet hydroélectrique de Mphanda Nkuwa que le gouvernement mozambicain a confié à TotalEnergies, à Électricité de France (EDF) et à Sumitomo. En 2024, des études supplémentaires seront commandées avant la mise en œuvre de ce projet qui nécessitera un investissement de 5 milliards de dollars pour une puissance de 1 500 MW. À cela s’ajoutent plusieurs autres projets hydroélectriques, notamment Nachtigal (420 MW) au Cameroun, Kinguélé Aval (35 MW) au Gabon ou encore Volobe (120 MW) à Madagascar.

Jean Marie Takouleu

 

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