DJIBOUTI : le pari de la géothermie pour accroître l’indépendance énergétique du pays

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DJIBOUTI : le pari de la géothermie pour accroitre l’indépendance énergétique du pays©Francescoriccardoiacomino/Shutterstock

Le gouvernement de Djibouti multiplie les initiatives pour accroitre son autonomie sur le plan énergétique. Pour y parvenir, le pays veut tout miser sur les énergies renouvelables et plus particulièrement sur la géothermie.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le taux d’accès à l’électricité à Djibouti était de 50 % en 2014. Un taux nettement plus élevé que dans bon nombre de pays africains, mais qui cache un problème majeur. L’énergie consommée dans ce pays d’Afrique de l’Est vient à 65 % d’Éthiopie. Et la dépendance à son grand voisin va s’accroitre au vu du développement à Djibouti d’infrastructures consommatrices d’énergie. On estime que, d’ici 2020, si la configuration actuelle n’évolue pas, le pays pourrait importer 700 GWh d’électricité.

Or, les autorités comptent en finir avec cette dépendance vis-à-vis de l’Éthiopie. Elles veulent que le pays produise sa propre énergie, mais à partir de sources renouvelables. Par énergie renouvelable, les autorités entendent surtout la géothermie, dans la mesure où Djibouti regorge d’abondantes réserves.

Un pays aux ressources impressionnantes

Les pays d’Afrique de l’Est investissement de plus en plus massivement dans la production d’énergie à partir de la chaleur naturelle du sous-sol. Djibouti est situé au point de jonction de trois rifts majeurs que sont les rifts de la mer rouge, du golfe d’Aden ainsi que du rift est africain. À l’extrémité de ces plaques tectoniques se trouve une aire volcanique avec des fumerolles et des geysers. Cette énergie emprisonnée dans le sous-sol, particulièrement autour des lacs Abbe et Assal, constitue une source d’énergie renouvelable pour le moment inexploitée. Le gouvernement estime que le potentiel de Djibouti en la matière est de 1000 MW.

En mai 2018, les autorités ont lancé le chantier de forage dans la région du Lac Assal, en vue d’explorer son potentiel géothermique. Il s’agit d’une étendue d’eau stagnante dans un cratère situé dans le désert de Danakil, au centre du pays. Les volcans endormis et les étendues de lave noire se reflètent dans son eau émeraude. C’est donc dans cette région au sous-sol très chaud que devrait bientôt voir le jour la première centrale géothermique de Djibouti.

Et pour appuyer la volonté du gouvernement djiboutien, la Banque africaine de développement (BAD) a décidé d’investir 15 millions de dollars. Cette somme servira à explorer et à amorcer la construction d’une centrale géothermique.

Jean Marie Takouleu

 

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