COTE D’IVOIRE : 21 M€ du gouvernement et de la Banque mondiale pour la reforestation

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COTE D’IVOIRE : 21 M€ du gouvernement et de la Banque mondiale pour la reforestation ©Jen Watson/Shutterstock

Après des années de laisser-faire aux conséquences désastreuses, le gouvernement de Côte d’Ivoire a procédé récemment au lancement d’un projet d’investissement financier pour la reforestation. D’un coût total de 12 milliards de francs CFA, soit 21 millions d’euros, il a reçu le soutien de la Banque mondiale.

Quand on parle de déforestation en Afrique sub-saharienne, la Côte d’Ivoire apparaît en première ligne. Les chiffres fournis par le ministère ivoirien de l’Environnement et du Développement durable sont alarmants. La couverture forestière est passée de 16 millions d’hectares en 1960 à 3,4 millions en 2015 ! Les experts pointent du doigt la filière Cacao (dont la Côte d’Ivoire est devenue le premier producteur mondial depuis quelques années, Ndlr), l’huile de palme et l’hévéa.

La plupart des forêts ivoiriennes n’ont de « protégées » que le nom. Derrière les quelques arbres en bord de route, pour faire bonne figure, les exploitations illégales de cacao occupent le terrain. Ces cultures se sont étendues au détriment des arbres et les forêts denses qui ne recouvrent plus que 4 % de la Côte d’Ivoire » explique l’ONG américaine, Mighty Earth, dans un rapport publié en septembre 2017, en partenariat avec plusieurs médias.

Mais le gouvernement de Côte d’Ivoire a décidé de s’attaquer au problème, en lançant un important projet de reforestation, en partenariat avec la Banque mondiale. Il en coûtera 12 milliards de francs CFA, soit 20 millions d’euros.

Le réveil des acteurs de la filière cacao

Le projet du gouvernement ivoirien va couvrir huit régions du pays. Le but est de renverser la tendance à la déforestation et à la dégradation des forêts. « Ce programme est un cadre de gestion des ressources forestières en Côte d’Ivoire. Il contribuera à mettre en œuvre l’agriculture zéro déforestation d’ici à 2020 », explique Sunil Mathrani, le représentant du directeur des opérations de la Banque mondiale. Pour sa part, le ministre ivoirien de l’Environnement et du Développement durable, Joseph Séka Séka a invité les populations à s’impliquer « dans la réussite de ce projet ».

De leur côté, les producteurs de Cacao, acteurs de cette déforestation, commencent à prendre doucement conscience de la situation. Ils se sont réunis à Paris en septembre 2018 au sein de l’« Initiative Cacao forêt » avec les principaux acteurs de la filière, dont le géant suisse Nestlé et le français Cemoi. Nestlé a proposé d’aider le gouvernement, notamment à cartographier les plantations de Cacao. « L’objectif est de finir la cartographie fin 2019, et l’idée c’est de comparer ces cartes avec d’autres cartes qui montrent les zones de front de la déforestation pour pouvoir accélérer la collaboration avec les autorités publiques et mettre en œuvre de façon commune des politiques d’arrêt de la déforestation. », explique Jean-Manuel Bluet directeur du développement durable chez Nestlé. Une telle initiative devrait s’appliquer aussi aux secteurs de l’huile de palme et de l’hévéa qui contribuent au même titre que la culture du cacao à la déforestation, synonyme de pertes de biodiversité, de réduction du stockage des gaz à effets de serre et de la dégradation des autres services écosystémiques que rend la forêt.

Jean Marie Takouleu

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