CONGO : promesses durables au sommet de la commission pour le bassin du Congo ?

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CENTRAL AFRICA: Forestry officers will be better trained in environmental issues ©Gustavo Frazao/Shutterstock

Le Sommet des Chefs d’État et de gouvernement de la Commission climat et du Fond bleu pour le bassin du Congo s’est tenu à Brazzaville du 27 au 29 avril 2018. Les nombreux chefs d’état présents ont rivalisé d’engagements pour une gestion durable de la forêt et de l’ensemble de ce territoire.

C’est le Centre international de conférences de Kintélé, situé dans la périphérie nord de Brazzaville qui a abrité le tout premier sommet consacré au bassin du Congo. Selon la ministre congolaise de l’Environnement et du Tourisme, Arlette Soudan-Nonault, ce sommet avait pour objectif de faire le bilan des activités de la Commission climat du Bassin du Congo et du fond bleu de ce bassin. Il a également permis aux États qui y ont pris part de se doter d’outils nécessaires pour accélérer leur capacité opérationnelle en lien avec les attentes des États. Concrètement, il fallait passer à l’action, selon la vision de la déclaration de Marrakech, signée en 2016 lors du Sommet africain de l’Action (organisé en marge de la COP 22, Ndlr).

Quinze chefs d’État et représentants des chefs d’État ont pris part à la réunion de Brazzaville : le roi Mahamed VI (Maroc) ; Ali Bongo Ondimba (Gabon) ;  Macky Sall (Sénégal) ; Faustin Archange Touadera (Centrafrique) ; Alpha Condé (Guinée Conakry) ; Mahamadou Issoufou (Niger) ; Jao Lorenço (Angola) : Théodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale) ; Paul Kagamé (Rwanda) et Evaristo Carvalho (Sao Tomé-et- Principe).

Les résolutions « vertes » du sommet

D’une même voix, les participants se sont engagés à « œuvrer » pour la transformation structurelle des économies de la zone de la commission climat du bassin du Congo afin d’assurer un développement inclusif et durable. Ils ont clairement expliqué cette volonté dans le premier point des 7 promesses contenues dans la déclaration finale. Ils vont travailler « à éradiquer la pauvreté et améliorer le bien-être des populations en activant tous les leviers humains, financiers, techniques et technologiques ainsi que les opportunités offertes par l’économie verte et l’économie bleue ». Les dirigeants ont également pris la décision « d’initier et encourager » les plans d’investissement climat des États de la commission de même que les projets et programmes de la même nature. Ceci leur permettra de lutter contre les effets néfastes des changements climatiques tout en promouvant le développement économique inclusif et durable.

Les chefs d’État désirent également travailler ensemble afin de « doter » la Commission climat du bassin du Congo d’un « budget lui permettant d’accomplir ses missions ». Dans ce sillage, ils se sont rapidement tournés vers la communauté internationale (agences du Système des Nations Unies et fondations philanthropiques), les bailleurs de fonds et les investisseurs privés afin que ces derniers les accompagnent dans la constitution dudit budget et soutiennent la Déclaration finale. Des doléances qui pourraient avoir de l’écho. D’ailleurs, le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, présent au sommet a annoncé la création dans les prochains jours d’un Conseil spécial devant se pencher sur les questions environnementales au sein de son institution. Un moyen qui permettra à l’UA d’accompagner les actions de la Commission climat et le Fond bleu pour le Bassin du Congo.

Pourquoi un sommet sur le bassin du Congo ?

La tourbière du bassin du Congo est la plus importante des tropiques, regroupant à elle seule 30 milliards de tonnes de CO2, soit 30 % du dioxyde de Carbonne des tourbières tropicales. Selon le journal en ligne congolais Adiac-congo, ce stock de carbone correspond à « trois ans d’émissions mondiales liées aux énergies fossiles soit autant que l’ensemble du carbone stocké au-dessus du sol dans les 228 millions d’hectares des forêts du bassin du Congo ». Avec cette superficie, les forêts du bassin du Congo se présentent comme le second plus grand massif de forêts tropicales dans le monde, après l’Amazonie. Ces forêts sont capitales pour la stabilité climatique puisqu’elles constituent un puit carbone exceptionnel à l’échelle de la planète, sans compter les bienfaits locaux pour limiter les conséquences du réchauffement. Il fallait donc créer une commission qui promeut une gestion écosystémique du massif forestier et des eaux de ce Bassin. Un politique mise en place avec l’appui engagé du roi marocain, Mohammed VI, qui a d’ailleurs pris part aux travaux du sommet.

Le rôle du Fonds bleu

Le Fonds bleu pour le bassin du Congo est un fonds international de développement qui a pour objectif de permettre aux États de la sous-région du bassin du Congo de passer de l’économie basée sur l’exploitation des forêts à celle s’appuyant sur les ressources issues de la gestion des eaux, les fleuves en l’occurrence. Il permettra de financer les projets concernant l’entretien des voies navigables, la préservation des forêts, l’amélioration des conditions de vie des populations, la construction des barrages hydroélectriques, la protection et la préservation de l’environnement. L’accord portant création de ce fond a été signé le 9 mars 2017 à Oyo, en République du Congo, par 12 États (Cameroun, Gabon, Zambie, Tchad, Rwanda, Burundi, Angola…).

Luchelle Feukeng

 

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