CONGO : l’extraction du cobalt, un « caillou dans la chaussure » des énergies vertes

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CONGO: l’extraction du cobalt, un « caillou dans la chaussure » des énergies vertes © MarcelClemens /Shutterstock

Conscients du désastre humain causé par l’exploitation du cobalt au Congo, des chercheurs américains travaillent au remplacement de ce métal dans les applications des énergies renouvelables, tel que les véhicules électriques.

Le Congo, pays d’Afrique centrale, assure à lui seul les deux tiers de la production mondiale de cobalt, estimée à 148 000 tonnes en 2015 par la British Geological Survey. Le cobalt est un métal déterminant, dans la composition des batteries lithium-ion des voitures électriques. L’abandon des véhicules à essence et diesel d’ici à 2040, annoncé par la France et la Grande-Bretagne, ainsi que le virage de l’industrie automobile mondiale vers les véhicules électriques, a placé le cobalt au centre d’un débat complexe.

Au Congo, où est extrait l’essentiel de ce minerai, les mineurs travaillent dans des conditions difficiles. Des militants des droits de l’homme y ont dénoncé les conditions de travail inhumaines qu’ils endurent. Dans un article d’Amnesty international, publié en 2012 et intitulé « L’enfer des mines en RDC », l’ONG décrit des mines peuplées d’enfants travaillant pieds nus, où la mort survient régulièrement. « Les familles ne reçoivent que deux cent cinquante dollars pour organiser les funérailles. Pour ne pas perdre leur salaire, les mineurs sont contraints de travailler comme des forcenés ruinant leur santé à petit feu » précisait l’article.

Peter Faguy, un cadre supérieur au sein du ministère américain de l’Énergie, a utilisé le terme « cobalt de sang » pour décrire la situation lors d’un discours prononcé en juin 2018 à Washington DC. Faguy a suggéré que le retrait du cobalt des batteries lithium-ion était non seulement une alternative intéressante du point de vue économique, mais aussi un devoir moral.

Le cobalt bientôt remplacé par du nickel ou du sel gemme ?

Le ministère américain de l’Énergie a investi des fonds dans les travaux de recherche menés à Lawrence Berkeley et Argonne, deux laboratoires nationaux.

Les chercheurs d’Argonne cherchent à savoir comment remplacer le cobalt par du nickel, un métal qui dispose d’une densité d’énergie très élevée, mais qui ne s’avère pas assez stable pour une utilisation commerciale. Les scientifiques de Lawrence Berkeley, quant à eux, étudient la possibilité de concevoir une batterie réalisée à partir de sel gemme désordonné.

Ces recherches apparaissent comme une réponse prometteuse aux difficultés rencontrées par les populations directement ou indirectement affectées par l’exploitation du cobalt au Congo. Dans un rapport d’enquête publié fin décembre 2011 et intitulé « Les sans voix », l’Action contre l’impunité pour les droits humains (Acidh) dénonce les effets néfastes sur la santé et l’environnement des activités des entreprises minières de la province Katanga à l’est du pays. Certaines de ces entreprises « dégagent une fumée le soir qui sèche toutes les plantes et affectent la respiration des habitants ». D’autres déversent des acides dans les rivières, « qui seraient aujourd’hui à l’origine de l’extinction des poissons et d’autres espèces aquatiques et végétales », dénonce cette ONG.

Boris Ngounou

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