Afrique : Pékin, nouveau modèle de la lutte contre la pollution de l’air ?

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Afrique : Pékin, nouveau modèle de la lutte contre la pollution de l’air ?©Anton HerringtonShutterstock

En 20 ans Beijing (Pékin), la capitale chinoise a réalisé des progrès remarquables en matière de réduction de la pollution atmosphérique. Avec 12 % réduction des particules, entre 2017 et 2018, la ville figure désormais au 122e rang des 3000 villes étudiées par Greenpeace. Le rapport sur sa stratégie a été présenté en marge de la 4e assemblée de l’ONU Environnement, du 11 au 15 mars 2019 au Kenya. Le modèle de Pékin est donc présenté à titre d’exemple pour les grandes métropoles africaines.

Les rayons de soleil resurgissent peu à peu dans le ciel de Pékin. L’atmosphère apocalyptique qu’a connue la capitale chinoise (avec un pic de 900 microgrammes de particules, par mètre cube d’air en 2012 contre les 25 microgrammes par mètre cube recommandés par l’OMS…) s’est considérablement améliorée, en l’espace de 20 ans. Ce qui correspond tionà la durée du programme de contrôle de la pollution atmosphérique à Beijing. Un programme, dont le rapport a été présenté à destination des autorités responsables des villes dans les pays en développement, notamment en Afrique. Lors de la 4e assemblée de l’ONU Environnement, qui se tenait du 11 au 15 mars 2019 au Kenya.

Le rapport intitulé « Bilan de vingt années de contrôle de la pollution atmosphérique à Beijing », a été rédigé par une équipe d’experts internationaux et chinois dirigée par l’ONU Environnement. Il couvre la période allant de 1998 à la fin de 2017. Le programme repose entre autres, sur des mesures visant à contrôler les chaudières à charbon, à fournir des combustibles domestiques plus propres, à la restructuration industrielle, et à la réduction voitures personnelles, au profit des moyens de transport en commun, peu polluants.

« Beijing a réalisé des améliorations impressionnantes dans la qualité de son air en peu de temps. C’est un bon exemple de la façon dont les grandes villes d’un pays en développement peuvent concilier la protection de l’environnement et la croissance économique », a déclaré Dechen Tsering directrice du bureau régional Asie-Pacifique de l’ONU-Environnement.

Le rapport n’insiste pas sur le coup d’accélérateur qu’ont constitué les Jeux olympiques qu’accueillait Beijing en 2008, mais peu avant cette date les progrès n’étaient pas fulgurants. C’est véritablement à partir de cette date que les autorités ont imposé une intensification dans la lutte contre la pollution de l’air, qui se serait encore accéléré en 2017 et 2018.

Dakar, deuxième ville la plus polluée au monde…

Dakar, la capitale du Sénégal, semble symboliser l’Afrique polluée, et pourrait jouer le rôle tenu par Pékin en Asie, au plus fort des années où cette dernière s’asphyxiait sous la pollution. Ces dernières années, la qualité de l’air à Dakar a pris un tout vraiment très inquiétant, avec des pics de pollution monstrueux, dus à la poussière et aux émissions générées par les transports. Un cauchemar pour les asthmatiques, qui doivent se confiner et prendre des traitements afin de pouvoir respirer correctement. La capitale sénégalaise concentre de nombreux facteurs de dégradation de la qualité de l’air, qui font d’elle « la deuxième ville la plus polluée » du monde, selon une étude publiée en mai 2018 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Présente à Paris le 21 février 2019, la maire de Dakar, Soham el Wardini, a rappelé lors d’une conférence sur la pollution atmosphérique, que l’air de la capitale sénégalaise contenait huit fois plus de particules fines que les villes de France. Selon elle, cette situation est due au bois de cuisson et surtout au trafic routier. « Vous avez des voitures neuves en France, nous avons des voitures d’occasion, qui roulent au gasoil, ce qui pollue toute la ville. »

La première femme maire de Dakar est allée plus loin, en évoquant des causes d’ordre énergétique. « Le gouvernement n’en fait pas assez pour les transports publics. En plus, ils veulent autoriser une nouvelle centrale à charbon, qui va encore aggraver la situation, mais nous nous battons contre cela ». C’était trois jours avant les élections présidentielles…

Boris Ngounou

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