AFRIQUE DE L’OUEST : lancement d’un projet de conservation des zones humides à Dakar

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AFRIQUE DE L’OUEST : lancement d’un projet de conservation des zones humides à Dakar©Jen Watson/Shutterstock

Les experts de huit pays d’Afrique de l’Ouest ont récemment lancé à Dakar (Sénégal), le programme Gestion durable des zones humides pour le renforcement de la sécurité alimentaire et la résilience des écosystèmes en Afrique de l’Ouest. L’initiative est soutenue par l’Union européenne à hauteur de 1,3 milliard de francs CFA, soit près de 2 millions d’euros.

La capitale sénégalaise était l’hôte d’une rencontre d’experts et de personnalités politiques d’Afrique de l’ouest. Venus de huit pays, à savoir le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal, ils ont lancé ensemble le programme « Gestion durable des zones humides pour le renforcement de la sécurité alimentaire et la résilience des écosystèmes en Afrique de l’Ouest ». « Des études ont démontré que les zones humides subissaient une forte régression en termes de superficies et de qualité du milieu », a rappelé Amadou Lamine Guissé, secrétaire général du ministère de l’Environnement et du Développement durable du Sénégal.

En 2012, l’ONG belge Aide au Développement Gembloux (ADG) a publié un rapport sur l’état des zones humides dans le monde, et plus particulièrement les marais à mangroves. Selon ce rapport, depuis 1980, 3,6 millions d’hectares de mangroves ont disparu dans le monde. L’Afrique est concernée par ce problème avec 510 000 hectares perdus, soit 14 % de la superficie totale des mangroves présentes sur le continent. Le Sénégal est l’un des pays les plus touchés, avec la perte de 14 % de ses marais à mangroves entre 1980 et 2005, soit 54 000 hectares. Les experts d’ADG expliquent que dans le delta du Sine-Saloum, une région naturelle exceptionnelle à l’ouest du Sénégal, qui fait figue de véritable paradis ornithologique et abrite des espèces animales et végétales assez rares, comme le lamantin, la perte de la mangrove est en grande partie due à l’action de l’Homme qui coupe les palétuviers pour en faire du bois. Les autres causes sont : la baisse de la pluviométrie, l’augmentation de la salinité de l’eau et des terres, l’acidité des sols… Il fallait donc agir, d’où le soutien de l’Union européenne.

Le soutien de l’Union européenne

Selon Amadou Lamine Guissé, en dépit de l’état actuel des zones humides, une meilleure gestion pourrait contribuer au développement économique, social et environnemental. C’est tout le sens du projet « Gestion durable des zones humides pour le renforcement de la sécurité alimentaire et la résilience des écosystèmes en Afrique de l’Ouest ». Son objectif est de développer et promouvoir un portefeuille de produits et services basés sur l’exploitation des données scientifiques. « Il est conçu pour répondre spécifiquement aux besoins africains en matière de services liés à l’eau, aux ressources naturelles, aux zones marines et côtières et pour répondre aux besoins mondiaux de gestion de l’environnement et d’atténuation du changement climatique », ajoute Joaquin Gonzalez-Ducay, chef de la délégation de l’Union européenne au Sénégal.

Pour atteindre ces objectifs, l’UE met à disposition des pays sélectionnés 1,3 milliard de francs CFA, près de 2 millions d’euros. Le projet sera piloté pendant 36 mois par le Centre de suivi écologique, un établissement basé à Dakar.

Jean Marie Takouleu

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