AFRIQUE DE L’EST : le FEM finance un projet d’assainissement du lac Victoria

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AFRIQUE DE L’EST : le FEM finance un projet d’assainissement du lac Victoria ©DeanP/Shutterstock

Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a annoncé qu’il allait débloquer 9,1 millions de dollars pour un projet d’assainissement et de protection du lac Victoria. L’opération devrait impacter 100 000 riverains.

Le lac Victoria fait partie des Grands Lacs d’Afrique de l’Est. Ses eaux se partagent entre la Tanzanie, le Kenya et l’Ouganda, ainsi que le Burundi et le Rwanda qui font partie du bassin versant de cette étendue d’eau. Mais elle souffre de sa proximité avec les grandes villes à l’instar de Kampala, la capitale de l’Ouganda ou encore Mwanza, une ville portuaire du nord de la Tanzanie. Les eaux usées produites par les populations et les usines des grandes villes se déversent sans traitement dans le grand lac…

« Les eaux usées non traitées causent l’eutrophisation dans tout le lac et fournissent un environnement fertile pour les mauvaises herbes envahissantes, comme la jacinthe d’eau. En conséquence, les stocks de poissons s’épuisent », constate Naoko Ishii, directrice générale du Fonds pour l’environnement mondial (FEM). L’institution qu’elle dirige a décidé de débloquer 9,1 millions de dollars pour le financement de la phase III du Programme de gestion de l’environnement du lac Victoria (LVEMP).

Plus 100 000 personnes impactées

L’argent du FEM vient s’ajouter aux 251 millions de dollars déjà mobilisés par les pays d’Afrique de l’Est en faveur du LVEMP. Comme d’autres composantes du programme, l’objectif est de lutter contre la pollution par les eaux usées et les déchets et, surtout, combattre la prolifération de la jacinthe d’eau qui colonise l’ensemble du lac.

Concrètement, pendant une période de 5 ans, à partir de 2019, la Banque mondiale, la Commission du bassin du lac Victoria (LVBC), le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi vont s’appuyer sur les communautés locales, notamment les pécheurs, qui maîtrisent mieux les eaux du lac Victoria. Ils vont permettre de contrôler la propagation de la jacinthe d’eau. La priorité sera donnée aux zones de reproduction des poissons parce que cette herbe envahissante réduit la quantité d’oxygène dans l’eau. Le FEM estime qu’autour du lac, 100 000 personnes vont être impactées par le projet.

La responsabilité des industries

La cause principale de la propagation de la jacinthe d’eau étant la pollution du lac par les eaux usées, l’une des étapes importantes de la phase II du LVEMP était d’établir une carte des industries les plus polluantes situées autour du lac. Il s’agit des boulangeries, laiteries, distilleries, des entreprises d’ingénierie, de transformation du poisson, de transformation alimentaire, d’horticulture, de textile, de thé, de sucre, de boissons gazeuses, de pâtes et papiers, de pétrole et de minerais. Dans l’ensemble, 260 industries ont été recensées. Parmi elles, seules 89 ont été cartographiées. Les eaux usées issues de ces installations ont été analysées, l’objectif étant de mesurer l’intensité de la pollution émise par chacune d’entre elles.

Les résultats obtenus ont permis de former les formateurs dans chaque industrie, sur l’efficacité d’une production plus respectueuse de l’environnement. LVBC estime qu’à ce jour, 140 personnes ont reçu une formation. Elles se chargeront de sensibiliser et partager leurs connaissances avec l’ensemble des personnels dans les entreprises.

Jean Marie Takouleu

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