AFRIQUE : à Libreville, les décideurs veulent des solutions d’accès à l’eau potable

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AFRIQUE : à Libreville, les décideurs veulent des solutions d’accès à l’eau potable©Anton_Ivanov/Shutterstock

Les acteurs du secteur de l’eau en Afrique sont réunis depuis le 29 octobre 2018 à Libreville au Gabon, à l’occasion de la Semaine africaine de l’eau (SAE). Cette 7e édition est couplée à la 11e session ordinaire de l’Assemblée générale des ministres responsables de l’eau en Afrique.

L’Afrique a soif. Sur ses plus de 1,2 milliard d’habitants, 320 millions n’ont pas accès à l’eau potable. Pourtant, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), le continent dispose de 5 000 milliards de m3 d’eau stockée dans des nappes phréatiques. Le véritable défi reste de trouver les moyens pour exploiter cette ressource, de manière durable. C’est d’ailleurs l’objectif de la 7e édition de la Semaine africaine de l’eau (SAE), qui se tient depuis le 29 octobre, et ce jusqu’au 2 novembre 2018 à Libreville, la capitale du Gabon. Elle est couplée cette année à la 11e session ordinaire de l’Assemblée générale des ministres responsables de l’Eau.

La SAE réunit les personnalités politiques, de la société civile, de la communauté scientifique, et du monde des affaires. Ils échangeront cette année autour du thème de « La réalisation de la sécurité de l’eau et de l’assainissement gérée de manière sûre pour l’Afrique ». L’objectif principal d’une telle rencontre biennale, tel qu’il a été fixé par le Conseil des ministres Africains de l’eau (AMCOW) et la Commission de l’Union africaine lors de sa création, est la réalisation d’une « Vision africaine de l’eau à l’horizon 2025 ». Concrètement, il s’agit de discuter et de chercher ensemble des solutions à la problématique en matière de ressources en eau ainsi que les défis liés à l’assainissement en Afrique.

Le financement, une question cruciale

L’un des enjeux qui conditionnent l’accès à l’eau potable et à l’assainissement en Afrique est le financement des projets. Et sur ce point, beaucoup d’efforts sont fournis, notamment de la part de nombreux partenaires au développement comme l’Agence française de développement (AFD). Elle a participé, avec le Fonds africain de développement (FAD), la Banque européenne d’investissement (BEI), la Banque islamique de développement (BID), et la Coopération italienne au financement du projet d’eau potable de Kabala au Mali qui devrait permettre à terme l’accès à la source, aux habitants de la capitale Bamako.

Récemment encore, la Banque mondiale a financé un important projet d’eau et d’assainissement à hauteur de 83 millions de dollars en Égypte. L’argent devrait permettre notamment de construire une usine de traitement des eaux usées d’une capacité de 500 000 m3 en Haute-Égypte. La SAE compte également sur le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), qui s’illustre par son soutien à de nombreux projets. En Mauritanie, par exemple, elle a participé à la construction de 40 stations de pompage d’eau potable dans 40 villages. Ces stations de pompage qui fonctionnent à l’énergie solaire ont été inaugurées en octobre 2018 dans le sud du pays.

L’Union africaine, à l’origine la SAE n’est pas en reste pour le financement des projets. Avec plusieurs partenaires, elle a créé Pida Water. Il s’agit d’un fonds de 10 milliards de dollars destiné à soutenir les projets transfrontaliers dans le domaine de l’eau.

Les premières annonces du SAE

La SAE regroupe plus de 1 000 participants, qui se succèdent à la tribune. À l’ouverture de la rencontre, le ministre gabonais de l’Énergie et de l’Eau, Patrick Eyogho Edzang a annoncé que son pays s’apprêtait à mettre sur pied un fonds pour financer les projets concernant l’eau, qui coordonnerait également tous les investissements relatifs au secteur. « Le Gabon est en phase de mettre en place un projet de politique de l’eau dont l’aboutissement se fera dans un cadre législatif », a précisé le ministre à la tribune de la 7e Semaine africaine de l’eau. Il ne s’agit pour l’heure que d’une annonce dont il faudra attendre la transformation en actes concrets.

Jean Marie Takouleu

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